Le magazine américain rappelait alors que l’État hébreu, qui égalait presque les USA en nombre d’entreprises high-tech créées chaque année, pouvait être classé au quatrième rang mondial des puissances technologiques. Il faut dire que le montant des exportations de ce type de produits fabriqués par les quelque 2 000 firmes du secteur high-tech israélien a augmenté de 2,8 milliards de dollars en 1990 à 12 milliards en 1999, soit 75 % des biens vendus cette année-là à l’étranger. Ce chiffre est aujourd’hui retombé à 63 %. De 1997 à 1999, les sommes investies dans ce domaine ont triplé (de 430 millions de dollars à 1,3 milliard). Quant aux capitaux étrangers, ils sont passés de 240 millions en 1995 à presque 3 milliards en 1999, pour rechuter en l’an 2000. Clé de cette réussite de l’unique démocratie du Proche-Orient : alors qu’il ne disposait presque pas de ressources naturelles qui lui auraient permis de développer une industrie lourde classique, l’État hébreu a dû exploiter, par « instinct de vie », la créativité persistante de son esprit pionnier, notamment en matière d’agriculture et d’armement, tous deux essentiels pour sa propre survie et son indépendance. Il a aussi su faire fructifier les retombées civiles de ses industries de défense, et utiliser au mieux l’immense savoir-faire des nouveaux immigrants russes arrivés dans les années soixante-dix et 90 : soit 80 000 ingénieurs et techniciens. Inventivité juive De plus, ses décideurs inspirés ont fait des choix structurels qui ont permis de mettre presque naturellement en relation les départements de recherches des grandes universités - souvent pourvus d’instituts spécialisés de haut niveau - avec les sociétés qui officient dans l’informatique, les télécoms, les fibres optiques, l’aéronautique, la biotech ou encore la médecine ; sans oublier les fermes des kibboutzim et moshavim. Autant de succès favorisés par la création de parcs industriels, tel celui de Téfen en Haute-Galilée qui a déjà fait des émules, et la multiplication des « serres de technologie », véritables pépinières d’inventions dont les plus concluantes sont aussitôt exploitées dans l’industrie privée grâce à un système de « capital-risque » financé essentiellement par l’État. Ainsi, depuis le milieu des années quatre-vingt-dix, près de 500 projets ont été agréés par les ministères et plus de 200 ont séduit des partenaires afin d’assurer leur commercialisation dans les normes en vigueur. Résultats : dès 1996, Israël se trouvait au cinquième rang mondial en terme de nombre de brevets déposés par habitant. Depuis, la récession économique qui sévit au plan mondial depuis trois ans et la crise internationale du high-tech due en partie à la chute du NASDAQ à la bourse de New York, ont sensiblement affecté les exportations israéliennes, avec pour conséquences une baisse des investissements et des profits ainsi qu’une vague de licenciements sans précédent. Or, malgré ce reflux, que nombre d’experts qualifient de conjoncturel, le formidable potentiel développé depuis trois décennies et l’inventivité juive illustrée par les quinze exemples exposés dans ce dossier devraient reprendre le dessus. On s’attend même à ce que les résultats de secteurs comme la biotechnologie quadruplent d’ici 2010. Bref, l’avenir s’annonce prometteur.
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