Le sommaire  
 
 

  La Newsletter  
  Pour recevoir
régulièrement
nos news
 

  Le Courrier  
 
>Voir 
 

Les Grands Dossiers
 
>Voir 
 

Les Liens
 
>Voir 
 


  Accueil >
 
 Imprimer   Envoyer par mail
 


1 janvier 2006 / 17h34
- Le nouveau Prix Nobel d’Israël présente ses remèdes contre la guerre

Alors qu’il vient de recevoir son Prix Nobel en Sciences Economiques il ya quelques jours à Stockholm, le professeur Robert J. Aumann a offert un aperçu ses idées.
La guerre doit être étudiée «comme vous étudiez les maladies, comme vous étudiez le cancer. Dès que vous comprenez ses causes vous pouvez commencer à essayer de la guérir, » a-il dit ; il décrit le travail de sa vie comme une application de la théorie du jeu en vue de s’attaquer aux problèmes soulevés par la nature rationnelle de la guerre.

Apporter la paix au monde est généralement la prérogative des idéologues politiques ou religieux – certainement bien loin du domaine des mathématiques. Mais ceci est le thème de la conférence que le Pr Robert J. Aumann de l’Université Hébraïque de Jérusalem a donné en recevant son Prix Nobel en Sciences Economiques à Stockholm.

En octobre l’Académie Royale Suédoise des Sciences a décerné conjointement à Aumann et au professeur Thomas C. Schelling de l’Université de Maryland le prix «pour avoir amélioré notre compréhension du conflit et de la coopération à travers une analyse de la théorie des jeux. »

Les précédents lauréats israéliens du Prix Nobel furent Shai Agnon (Littérature, 1966) ; Ménachem Begin (Paix - avec Anwar Sadat, 1978) ; Yitzhak Rabin et Shimon Peres (Paix, avec Yasser Arafat, 1994) ; Daniel Kahanman (qui est aussi un américain, en Economie, 2002) ; et les professeurs du Technion Aaron Ciechanover et Avram Hershko (Chimie, 2004).

S’exprimant à une conférence de presse à l’Université, à Jérusalem, la veille de son départ pour la cérémonie de Stockholm le 10 décembre, le Pr Aumann expliqua que résoudre des conflits spécifiques – que ce soit aux Balkans, au Moyen-Orient, en Afrique ou en Asie – n’apporte pas la paix dans le monde. Pour la réaliser, soutient-il, ce qui est demandé c’est une analyse interdisciplinaire – historique, psychologique, sociologique – dans la nature même de la guerre.

La guerre doit être étudiée «comme vous étudiez les maladies, comme vous étudiez le cancer. Dès que vous comprenez ses causes vous pouvez commencer à essayer de la guérir, » a-il dit.

D’après le Pr Aumann, c’est une erreur de dire que la guerre est irrationnelle. Il y a «des raisons rationnelles» a-t-il expliqué, qui nous ont conduit à la guerre, depuis l’aube de la civilisation. Et c’est à travers l’investigation de la nature rationnelle de la guerre que nous pouvons ensuite être capables de nous attaquer aux problèmes en appliquant la théorie des jeux – la spécialité d’Aumann.

La théorie des jeux fournit une analyse mathématique complexe des éléments et des stratégies, qui sont impliqués dans des situations de prise de décision, qui incluent celles concernant conflit et coopération. En dépit de la nature difficile des mathématiques de la théorie des jeux, le Pr Aumann a expliqué que la théorie est actuellement quelque chose que nous expérimentons tous, à un niveau de base, dans notre vie de tous les jours.

«Je le fais tout le temps, » a-t-il ajouté avec un large et rayonnant sourire émergeant d’une barbe blanche soigneusement étalée. «Quand je veux une information de quelqu’un d’officiel, je demande toujours son nom. En général je l’oublie immédiatement, mais je veux que la personne se sente responsable de ce qu’elle fait. »

Selon Aumann, il y a eu «deux succès spectaculaires» dans l’application de la théorie des jeux aux Etats Unis. Le premier impliquait de fournir à des compagnies de télécommunications les longueurs d’onde dont elles avaient besoin.

Jusqu’à la fin de 1990 le gouvernement des Etats Unis avait l’habitude de «donner des longueurs d’onde…suivant le principe d’équité…» dit le Pr Aumann avec une pointe d’irritation dans son attitude due à ce qu’il considre comme un manque total de rigueur ou de cohérence de la part du gouvernement.

Quand le gouvernement réalisa que les longueurs d’ondes étaient une ressource très valable, il décida de les vendre aux enchères. Entrez dans le jeu, théoriciens «mes amis» dit-il en riant – ils ont déjà été une réussite dans des ventes aux enchères de gisements pétrolifères marins.

«Il s’agissait de milliers de fréquences…une affaire très complexe» a expliqué Aumann. Et le résultat net? Le gouvernement des Etats Unis avait anticipé un remboursement d’environ un demi-billion de dollars. Avec les théoriciens des jeux en action, le gouvernement reçut de la vente aux enchères un millier de fois cette somme : 50 milliards de dollars!

Le deuxième succès a entraîné l’utilisation de la théorie des jeux pour développer une méthode afin d’assurer qu’une ressource peu abondante soit distribuée de façon optimale. Parmi un large éventail d’applications aux Etats Unis se trouve l’attribution de reins donnés aux malades et l’affectation des enfants à des écoles secondaires.

Le Pr Aumann, né en Allemagne, a été une figure centrale dans le développement de la théorie du jeu pendant environ 50 ans. Il fut capable d’appliquer sa remarquable capacité comme mathématicien très pointu dans un domaine qui s’occupe de problèmes de conflits et de coopération dans la vie réelle.

En 1955 il termina son doctorat à l’Institut de Technologie du Massachusetts (MIT) sur le sujet ésotérique « mathématique des nœuds » – un sujet qui, à la grande surprise d’Aumann, est devenu maintenant d’intérêt pour les scientifiques étudiant le moyen par lequel le ADN s’entortille dans une cellule, menant parfois au cancer.

Ce fut au MIT qu’il rencontra John Nash (le sujet du film de 2001 Un bel esprit) et tous deux discutèrent du domaine émergeant récemment : la théorie du jeu.

Le Pr Aumann se joignit ensuite au petit groupe du Centre de Recherche Forrestal, attaché à l’Université de Princeton. Là il devait rencontrer un problème que, grâce à ses discussions antérieures avec Nash, il réalisa qu’il pouvait résoudre avec la théorie du jeu. Le problème était l’importance stratégique concernant une escadrille d’avions, dont quelques-uns étaient armés d’armes nucléaires. Le Pr Aumann commença à travailler sur la théorie du jeu.

«Le reste est de l’histoire ancienne, comme on dit, » dit-il d’un ton railleur, au cours d’une entrevue avec son ami et collègue professeur Sergiu Hart, directeur du Centre pour la Rationalité, dans un article publié récemment par le Centre.

En 1956, le Pr Aumann partit pour Israël, sa seconde émigration – la première fut le départ d’Allemagne pour les Etats Unis avec sa famille en 1938. Tout au long de sa vie en Israël, il a continué à maintenir une étroite collaboration avec des mathématiciens et des économistes américains. Plus récemment il a été Invité d’Honneur de la Fondation Cowles pour la Recherche en Economie de l’Université de Yales (1989) ; Professeur Associé d’Economie Oskar Morgenstern, à l’Université de New-York (1997) ; Professeur d’Economie Nemmers, à l’Université de Northwestern (1999-2000). Il est membre de l’Académie Nationale Américaine des Sciences depuis 1985.

En 1991 le Pr Aumann a participé à la fondation du Centre pour la Rationalité à l’Université Hébraïque – une aventure académique unique – dans laquelle il est encore l’une des stars. Ici d’éminents érudits de 30 différents départements universitaires se rencontrent le vendredi, tous les quinze jours. Ils se réunissent dans un salon lumineux aux fauteuils bleus et jaunes. Sur la petite table basse, de gigantesques pièces d’échec usagées se dressent soigneusement rangées prêtes pour le prochain jeu.

Des étagères sont garnies de la brillante couverture écarlate des «Papiers de Discussion» du département. Des titres récents attestent de la nature multidisciplinaire du département et comprennent: «Scoring and keying multiple choice tests» ; «The Israeli Constitutional Process» ; et quelques-uns des livres d’Aumann lui-même : «Consciousness» ; «Musings on Information and Knowledge».

Ce fut dans ce salon, face au soleil doré de l’hiver de Jérusalem entrant à flots à travers les baies vitrées, que le Pr Aumann donna sa conférence de presse avant Stockholm. Et malgré les accolades pour ses remarquables réussites, le Pr Aumann, âgé de 75 ans, un juif pratiquant, reste une silhouette tranquille et sans prétentions – très excité en contant à la presse rassemblée autour de lui ses plans pour amener sa famille proche tout entière à Stockholm: 35 personnes, comprenant ses enfants, leurs femmes, plus les petits-enfants et les arrières petits-enfants, en plus d’autres membres de la famille et des membres de sa «famille scientifique».

Pendant que les questions fusent allant de la logistique de comment amener sa famille, à des sujets qui poussent plus à la réflexion, son visage reflète tantôt une réflexion profonde et tranquille, tantôt un sourire radieux et un rire. Malgré les contraintes s’exerçant sur son temps libre depuis qu’il a reçu le prix Nobel, le Pr Aumann a essayé de conserver un certain équilibre dans sa vie, et annonce fièrement qu’il n’a annulé aucun des cours qu’il enseigne ou des réunions avec les étudiants.

S’il existe un espoir de comprendre les causes de la lutte apparemment sans fin et sans pitié de l’homme contre son prochain, les chances sont grandes pour que cela surgisse ici – au Centre pour la Rationalité, sous l’influence directe et humaine, d’intelligence aiguë, d’esprit captivant et de génie mathématique de son fondateur : le Pr Robert J. Aumann.


Susan Goodman





Haut de page Article rédigé par P.N - Source : Université Hébraique de Jérusalem
0
 

- MORT D'UN GRAND MEDECIN: DAVID APPELBAUM
Complicité avec les barbares, par Michel Gurfinkiel Ce serait une tragédie grecque si ce n'était pas, tout simplement, une tragédie juive.

- Le calcul de l'OLP
PAR SHMUEL TRIGANO Le Figaro, 17 septembre 2003

- Le nouveau Prix Nobel d’Israël présente ses remèdes contre la guerre
Alors qu’il vient de recevoir son Prix Nobel en Sciences Economiques il ya quelques jours à Stockholm, le professeur Robert J. Aumann a offert un aperçu ses idées.

- Europe et Israël, des partenaires pour la paix
LE MONDE | 19.07.03 | Par Sylvain Shalom Le Monde 19 juillet 2003

- La majorité silencieuse doit s’exprimer Par Mohamed Darwashe
Mohamed Darwashe est un des directeurs du Centre pour la ¨Paix à Givat Haviva et un ancien conseiller politique de la Liste arabe Unie.

- ARABES ET JUIFS ISRAÉLIENS A LA RECHERCHE D’UNE COMPRÉHENSION MUTUELLE À AUSCHWITZ



© FranceIsrael.info 2003 - Design Dialect'Image - Réalisation Inov@net